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Le
lecteur s'il habite la région des Pierres Dorées depuis une décennie ou
deux aura, sans doute, entendu parler des " Muscadins de Theizé ", sans
toujours connaître l'origine de cette " appellation ".Il est tout excusé
tant la conspiration du silence a été grande jusqu'à nos jours ou presque.
Plusieurs
auteurs ont plus ou moins retracé des épisodes de cette affaire et nous
devons à Jacques Branciard de Gleizé, d'avoir récemment (en 1994) présenté
un mémoire sérieux et documenté sur cette page de l'histoire de Theizé
et des communes environnantes. En
1793, la situation de la France est tragique : sur le territoire national,
c'est la guerre civile ; aux frontières, les coalisés (émigrés et troupes
étrangères) poursuivent leur offensive. Cette situation est particulièrement
confuse dans notre région : Lyon est en effet aux mains des insurgés qui
ont arrêté Chalier et Bertrand le 29 mai. Ce sont des Girondins modérés
qui veulent arrêter les excès de la Révolution mais aussi de riches bourgeois
et des royalistes contre-révolutionnaires qui veulent rester maîtres de
la situation.
C'était
au temps de la grande Révolution et les riches lyonnais que l'on appelait
alors les Muscadins avaient quitté leur ville où on ne leur voulait sans
doute pas que du bien : ils étaient à la fuite et, emportant tous leurs
biens, ils crurent trouver refuge dans les bois d'Alix. Alors
les gens de Theizé, d'Alix et de toutes les communes environnantes étaient
descendus dans les bois et la chasse avait commencé. L'endroit où l'on
s'était battu le plus, c'était à Bourland, vers la chapelle St Hyppolite
et aussi du côté de la ferme de Yabotte, à la limite des territoires de
Theizé, Frontenas et Alix, à l'endroit qu'on appelle maintenant le Maupas.
Ce qui s'y passa exactement, nul ne peut plus le raconter, mais ce qui
est sûr, c'est que bien peu de Muscadins survécurent et que leurs écus,
leurs bijoux, leurs armes et leurs chevaux devinrent la propriété de ceux
qui s'étaient donné la peine de les égorger. Les dépouilles quant à elles
furent jetées dans un puits à Alix, on l'appelle puits des morts. Ceux
de Theizé avaient tenu leur place dans la curée, mais certains d'entre
eux trouvèrent plus commode de proposer le salut à ceux qu'ils avaient
débusqués, de ramener ces malheureux chez eux, de leur donner à souper
et à coucher et de les " dépêcher " tranquillement dans leur sommeil.
Comme ça ils s'éviteraient la peine du transport du butin ; quant au partage,
il était tout fait. Les restes des malheureux lyonnais sont encore enterrés
dans les caves, les cuvages, et aussi dans les souterrains qui truffent
les sous-sol du village, selon les rumeurs. Depuis
ce temps on appelle les gens de Theizé " les Muscadins ". Et le village
est mal vu dans les environs. Jusqu'à la guerre, aucune fille ni aucun
gars de Theizé ne trouvait à se marier en dehors de la commune, et quand
les jeunes descendaient du village que ce soit pour la vogue, ou pour
n'importe quel événement qu'on fêtait dans un autre village, ça ne manquait
jamais de provoquer la bagarre. Les gens leur en voulaient pour ce qu'ils
avaient fait pendant la Révolution. Mais
eux, ils étaient devenus riches, du moins les familles de ceux qui avaient
participé à l'attaque des lyonnais. On en a vu certains qui n'avaient
rien avant le massacre, exhiber soudain des louis d'or pour acheter la
terre ; les filles à marier proposer de riches dots alors que précédemment
leurs familles manquaient du nécessaire. Et quelques années plus tard,
on a vu sortir de terre toutes ces grosses maisons en pierres dorées qu'on
trouve à Theizé.
Aujourd'hui
tous ces évènements s'oublient peu à peu, dans le village, ce n'est pas
un sujet de conversation qu'on aborde facilement et puis les générations
passent…
...Suite
ci- dessous... |
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Les
seules traces qui demeurent, à part les maisons, c'est l'or. Mais, ça
personne ne vous le montrera, même s'il en reste beaucoup dans certaines
familles. De temps en temps on fait aussi des découvertes. Il y a une
vingtaine d'années, on a trouvé chez X, des équipements complets de cavalerie
qui dataient de la Révolution et qui avaient été enterrés dans le cuvier.
Et la provenance de ces harnachements, elle ne fait pas beaucoup de doute.
En
1793, on donna ce nom aux élégants d'une jeunesse dorée qui affectaient
une mine soignée et des opinions royalistes et dont le musc était un des
parfums favoris. Ils s'organisaient en bandes et, avec leur gourdin plombé,
ils molestaient les vendeurs de feuilles jacobines. Cette
appellation fut naturellement attribuée aux riches Lyonnais de l'armée
du général de Précy et, plus curieusement, le nom des victimes fut collé
à la peau de leurs agresseurs d'où les " muscadins de Theizé " |
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